Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CHRONIQUES DU XXIème SIÈCLE

CHRONIQUES DU XXIème SIÈCLE


Fragments (7) - Fatal astéroïde

Publié par Renaud Cadrot sur 18 Juillet 2017, 14:14pm

Catégories : #Fragments

L’humanité mène paisiblement son existence dans l’anonymat de l’univers où, jusqu’à preuve du contraire, elle demeure îlot d’agitation solitaire dans un océan de silence. Focalisés que nous sommes sur notre espace vital, nous oublions le plus souvent tout ce qui existe au-delà. Sans compter que la gravité, l’apparente platitude du monde et le bleu au-dessus de nos têtes sont autant d’illusions permanentes qui ont longtemps validé la certitude que les limites du monde étaient celles de toutes choses.

 

 

Il faudrait être en mesure d’apprécier la taille du monde depuis un point extérieur. Éloigner progressivement son regard du sol terrestre jusqu’à n’en distinguer que ses frêles contours bleuâtres qui finiraient par s’éteindre dans la majeure noirceur de l’espace. Là il serait aisé d’admettre que finalement la Terre n’est qu’un grain de poussière démuni face au gigantisme de ce qui l’entoure et qu’un rien pourrait sans mal l’expulser de son orbite fragile, exterminant en quelques secondes toute trace de vie, d’histoire, de connaissance, de diversité et d’arrogance.

 

 

Peu de choses menacent de perturber à court terme le tracé régulier de la planète mais il existe une chance, qui bien que dérisoire n’en reste pas moins possible, qu’un des nombreux corps célestes qui peuplent l’espace voisin vienne un jour nous percuter de plein fouet. Presque tous les ans, une foule de médias annoncent qu’un astéroïde va « frôler » la Terre dans les jours à venir (à ce propos, pour connaître la différence entre astéroïdes, comètes et météores, cliquez ici). À chaque fois, ledit astéroïde passe à plusieurs centaines de milliers de kilomètres de là, ce qui est certes une distance plutôt proche à l’échelle du système solaire, mais assez éloigné de l’idée que chacun se fait du terme « frôler »… Le risque qu’un objet céleste de taille non négligeable nous tombe vraiment sur la tête dans les années à venir est plutôt faible, mais sur de plus grandes périodes le phénomène est bien plus vraisemblable. On peut même dire, que le cas s’étant présenté plusieurs fois dans l’histoire du monde depuis son aube, il est certain qu’il se reproduira tôt ou tard.

 

 

Le 15 février 2013, un astéroïde de 120000 tonnes s’est désagrégé dans le ciel de la Russie, au sud des massifs de l’Oural. Si le massif caillou de l’espace mesurait initialement 17 à 19 mètres de diamètre, la majeure partie de sa constitution s’évapora en entrant dans l’atmosphère. Ce qui en restait se disloqua en centaines de morceaux qui ne provoquèrent finalement que peu de dégâts en touchant le sol. Toutefois, l’onde de choc qu’engendra la chute d’un tel objet secoua la Terre au point de blesser plus ou moins sérieusement un millier de personnes.


 

 

 

Personne n’avait vu venir l’incident et il fallut neuf mois pour qu’une équipe scientifique parvienne à retracer l’origine de cet astéroïde. En découvrant sa taille initiale, on estima que l’objet céleste possédait une énergie équivalente à 500000 tonnes de TNT avant de rentrer dans l’atmosphère terrestre. Soit assez pour raser toute la région et marquer durablement le paysage et les esprits alentour. Un autre astéroïde s’était déjà écrasé en Russie il y a plus de cent ans le 30 juin 1908. Cette fois c’est une vaste forêt sibérienne qui en fit les frais puisqu’en s’écrasant, l’astéroïde a réduit de solides sapins en une envolée de cure-dents calcinés dans un rayon de 20 km (on estime sa puissance à celle de plusieurs centaines des bombes qui chuteront sur Hiroshima et Nagasaki 37 ans plus tard). Il s’agit de la plus grande explosion connue de l’histoire humaine due à la rencontre d’un corps avec la Terre.

 

 

Depuis 1999, une méthode a été mise en place pour catégoriser les risques d’impact d’objets géocroiseurs (c’est-à-dire les astéroïdes qui orbitent autour du soleil et croisent ponctuellement notre planète). Appelé « l’échelle de Turin », ce système est gradué de 0, pour aucune chance de collision, à 10, pour une collision certaine entraînant une modification désastreuse des conditions de vie terrestre. Cela permet aux organismes qui observent et surveillent le ciel de communiquer efficacement le degré d’importance à accorder à chaque passage d’astéroïde dans la région terrestre (les différents niveaux en détails dans le lien suivant).

 

 

D’après la NASA, la Terre a reçu la visite de 556 astéroïdes entre 1994 et 2013. La plupart étaient suffisamment petits pour se désintégrer dans l’atmosphère. Les autres tombèrent dans l’océan dans la majorité des cas. Celui de février 2013 est finalement le seul qui ait fait parler de lui. Il existe dans le vaste espace des objets célestes autrement plus volumineux que ce dernier, que les divers instituts observent et classent depuis des années. Beaucoup orbitent sur des trajectoires si lointaines que même leurs résidus nous resteront à jamais étrangers. Mais comme une étude alarmante (ou alarmiste) d’origine tchèque l’a révélé le mois dernier, gravitent plus près de nous des astéroïdes plutôt gros (certains font plus de 100 mètres) qui menacent de croiser un jour la course tranquille de la Terre.

 

 

En attendant qu’une telle chose ne se produise, voici une petite séquence animée illustrant les dégâts que provoquerait la collision d’un corps d’une taille de 500 km avec la Terre. Spoiler : pas le moindre être humain n’en réchapperait...

 

 

Fragments (7) - Fatal astéroïde
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents